Une Histoire du Monde en 100 objets

Cette invitation à voyager dans le temps et dans l’espace, à travers toute la planète raconte une histoire du monde à travers 100 pièces issues des collections du British Museum. Qu’ils soient sculptés dans la pierre ou finement ciselés dans l’or, les objets rassemblés ici évoquent deux millions d’années d’histoire humaine.

UNE EXPOSITION, REFLET DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITE

Le parcours chronologique de cette exposition montre l’évolution de l’humanité dans sa globalité mais également individuellement.  L’histoire humaine se développe au travers de son rapport à l’objet. Les objets font réfléchir, interrogent, enchantent ou amusent. Plus que tout, ils racontent des histoires. De nombreuses sociétés n’ont laissé aucune trace écrite, mais les vestiges qu’elles ont légués peuvent parfois nous en dire long sur leurs pratiques. Enfin, les objets révèlent simultanément les différences et les nombreux points communs entre notre monde moderne et les cultures du passé.

– Galet dit  » chopping tool », 1,8 à 2 millions d’années, GORGE D’OLDUVAI , Tanzanie.
– Tablette dite du déluge KOUYUNJIK (NINIVE), . 700- 600 av JC, Irak.

Du galet de Tanzanie datant de 2 millions d’années avant notre ère aux lampes solaires actuelles, cette exposition unique au monde propose une réflexion sur nos sociétés, leurs évolutions, leurs parallèles aux quatre coins du monde.

De nombreux aspects de nos modes de vie actuels sont nés il y a plus de 4 500 ans ; l’un des bouleversements les plus considérables pour la société humaine, après l’agriculture sédentaire, fut la création des grandes cités et des États. Ils apparurent dans les vallées fertiles des rivières d’Asie du Sud et de l’Est, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, il y a plus de 5 000 ans.

Après l’installation de grands centres urbains, de nombreuses sociétés commencèrent à regarder au-delà de leurs frontières. Cités et États se muèrent parfois en empires de plus en plus redoutables selon la puissance de leurs chefs et de leurs armées. À travers le monde et l’histoire, les différentes religions ont souvent utilisé l’objet pour rapprocher les croyants de leurs dieux.

Main arabe en bronze, Yémen (c) British Museum.

De 500 à 800, l’émergence de nouvelles forces à travers le monde conduisit à accentuer les échanges commerciaux internationaux par terre ou par mer.

La période entre 900 et 1550, généralement appelée Moyen Âge, fut une époque d’immenses progrès artistiques et technologiques. À travers le monde, les développements scientifiques dans tous les domaines, de l’économie à l’astronomie, permirent la création d’objets magnifiques et sophistiqués.

Au XVIe siècle, les explorateurs européens voyagèrent avec succès autour du globe pour la première fois de l’histoire. Cet exploit considérable annonça le début de ce qui allait devenir un véritable monde connecté. La révolution industrielle qui débuta en Europe et aux États-Unis au XIXe siècle se diffusa à travers le monde au XXe siècle. Elle donna naissance au développement des usines et à la production en série et cette révolution globale se poursuit aujourd’hui encore.

UN PARCOURS A TRAVERS LES SIECLES

Cette exposition se veut une invitation à voyager dans le temps et dans l’espace. Elle raconte une histoire du monde à travers 100 pièces issues des collections du British Museum. Qu’ils soient sculptés dans la pierre ou finement ciselés dans l’or, les objets rassemblés ici évoquent deux millions d’années d’histoire humaine.

Nous dépendons des objets que nous fabriquons. À l’image de nos plus lointains ancêtres humains façonnant les premiers outils en pierre, nous avons besoin des objets pour de multiples raisons. Ceux-ci peuvent résoudre certaines de nos difficultés, affirmer notre statut ou nous rapprocher des dieux.
Les objets font réfléchir, interrogent, enchantent ou amusent. Plus que tout, ils racontent des histoires. De nombreuses sociétés n’ont laissé aucune trace écrite, mais les vestiges qu’elles ont légués peuvent parfois nous en dire long sur leurs pratiques. Enfin, les objets révèlent simultanément les différences et les nombreux points communs entre notre monde moderne et les cultures du passé.

Le cristal de Lothaire représentant une scène biblique. (vers 855)
PROBABLEMENT RÉALISÉ À AIX-LACHAPELLE,
ALLEMAGNE – 1855

Les commencements (entre 2 000 000 d’années et 2 500 ans avant notre ère)

De nombreux aspects de nos modes de vie actuels sont nés il y a plus de 4 500 ans. Les objets de cette section célèbrent ces premières avancées vers la modernité, de la naissance de l’agriculture aux arts premiers. Notre histoire commence il y a 2,5 millions d’années, lorsque nos ancêtres africains créent pour la première fois des outils. Ces derniers accompagnent les premiers humains lors de leur migration hors d’Afrique à travers le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie, et même jusqu’en Amérique. Plus tard, à la fin de l’ère glaciaire, un changement radical se produit. Graduellement, les chasseurs nomades trouvent des moyens pour cultiver les plantes et domestiquer les animaux, et deviennent ainsi des fermiers établis. La sédentarisation implique l’apparition d’objets, comme des outils qui facilitent l’agriculture et assurent une subsistance plus aisée. Cette évolution conduit à des innovations, à l’image de l’utilisation de la vaisselle en terre cuite pour la cuisine ou la domestication du bétail. Le désir humain de créer de belles pièces apparaît très tôt, puisque les hommes commencent à dessiner, à peindre et à sculpter dès le dernier âge glaciaire. De l’utile au beau, tous les objets de cette section évoquent nos commencements.

La lyre de la reine vers 2500 av J-C ( Irak)

Les premières cités (3 000–700 av. J.-C.)

L’un des bouleversements les plus considérables pour l’homme, après l’agriculture sédentaire, fut la création des grandes cités et des États. Ils se formèrent dans les vallées fertiles des rivières d’Asie du Sud et de l’Est, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, il y a plus de 5 000 ans. Pour la première fois, les individus se rassemblèrent pour former des groupements de population plus importants que de simples villages. L’accroissement démographique nécessita de nouveaux modes d’organisation et de contrôle
des populations. Rois et autres dirigeants firent leur apparition, et, avec eux, d’importantes inégalités de richesses et de pouvoir. Les habitants des grandes communautés urbaines ne pouvaient plus désormais connaître tous les individus qui les entouraient, aussi l’écriture se développa-t-elle en tant que moyen de communication et de conservation des données.

Lama inca en or, 1400–1550 , Pérou
(c) British Museum

Vivre dans des communautés urbaines induisait aussi une vie plus aisée et certains membres de ces sociétés pouvaient d’ailleurs dédier leur temps à des activités de loisirs. Jouer de la musique et faire du sport devinrent des pratiques prisées et les premiers textes littéraires furent alors écrits. Dans les cités urbaines, mais également rurales, les populations apprirent à travailler le métal. Cette nouvelle technologie permit parfois la création d’œuvres précieuses et complexes en bronze et en or, témoignages de pouvoir et de richesse destinés à marquer les esprits.

Pouvoir et Philosophie (700 av. J.-C. – 100 apr. J.-C.)

Après l’installation de grands centres urbains, de nombreuses sociétés commencèrent à regarder au-delà de leurs frontières. Cités et États se muèrent parfois en empires de plus en plus redoutables selon la force de leurs chefs et de leurs armées. C’est l’ère des empires, chacun d’entre eux étant plus grand et plus puissant que le précédent. Les dirigeants impériaux se devaient d’être des stratèges, s’appuyant sur une force militaire et une propagande efficaces pour garantir leur succès.

Statue de Mithra (100-200), British Museum

Aux alentours de 700 avant notre ère, le roi assyrien Sennachérib bâtit un empire qui s’étendait sur la plus grande partie du Moyen-Orient. 400 ans après son règne, les armées d’Alexandre le Grand conquirent un territoire allant de la Grèce à l’Inde, bien au-delà de ce que les Assyriens n’avaient jamais atteint. L’expansion des empires est également une réalité en Europe et en Asie. Ils s’épanouirent grâce à une meilleure organisation et une gestion raisonnée des ressources. Pour prospérer, ils avaient besoin d’argent, c’est
ainsi qu’en Chine et en Europe apparut un nouveau type d’objet, qui devint un pouvoir en lui-même : la monnaie.

Durant le Ve siècle avant notre ère, les peuples se mirent à envisager différemment la nature de la société et à réfléchir sur eux-mêmes et la manière dont ils étaient gouvernés. À Athènes, le poète Sophocle écrivit des pièces interrogeant la relation du citoyen à l’État, tandis que la construction de monuments bouddhistes décorés, en Inde, rendait hommage à l’héritage du grand roi Ashoka et démontrait les liens puissants tissés entre la religion et la politique.

Chronomètre de bateau du HMS Beage.
1795/1805

Rites et croyances (1– 800 apr. J.-C)

À travers le monde et l’histoire, les différentes religions ont souvent utilisé les  objets pour rapprocher les croyants de leurs dieux. Les pièces de cette section sont toutes liées à la foi, se focalisant particulièrement sur le rite religieux et cérémoniel. Nombre d’entre elles, enterrées avec leurs propriétaires, nous renvoient directement aux croyances et aux aspirations de la société qui les a produits. Aux alentours de 300 apr. J.-C., le paysage religieux dans le monde se transforma. C’est la période de l’Empire romain en
Europe et de la dynastie Han en Chine. En Asie et en Europe, un petit nombre de croyances se développèrent et les iconographies reconnaissables du bouddhisme, de l’hindouisme et du christianisme, se firent jour. En 570 naquit le prophète Mahomet et le Moyen-Orient fut bientôt transformé par la diffusion de l’islam. Tandis que les nouvelles fois se propageaient, les croyances anciennes déclinèrent et, à travers l’Europe et le Moyen-Orient, nombre de cultes religieux locaux disparurent face à l’émergence du zoroastrisme, du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

Commerce et invasions (300–1 100 apr. J.-C)

De 500 à 800, l’émergence d’États puissants à travers le monde conduisit à accentuer les échanges commerciaux internationaux par la terre ou par la mer. Ce commerce reposait sur des réseaux tels que la Route de la soie, qui reliait la Chine au bassin méditerranéen et permettait aux marchands de transporter de luxueux produits, comme les épices et la soie, sur de vastes distances. La dynastie Tang en Chine et les califats islamiques au MoyenOrient dominaient la plus grande part de ce commerce lucratif. Ces importants réseaux d’échanges internationaux encouragèrent la dispersion des populations et des idées, tout autant que des marchandises. Le bouddhisme s’étendit plus loin que jamais auparavant, atteignant la Corée, le Japon et Java vers l’an 700. Le florissant commerce dans l’océan Indien favorisa la présence de marchands musulmans en Afrique de l’Est, et l’arrivée de l’islam entraîna des changements dans les religions régionales et les langues locales.

En Europe, de nouvelles forces gagnèrent le continent. La vision de l’empereur Charlemagne d’une grande Europe conduisit à une importante renaissance culturelle, tandis que le contrôle des Vikings sur les routes commerciales s’étendait d’Ouest en Est, du Nord de l’Amérique jusqu’à Samarcande. Alors que l’Europe et l’Asie devenaient de plus en plus liées, les cultures d’Amérique centrale et du Sud continuèrent de se développer séparément du reste du monde

Rencontres et contacts (1 500–1 800 apr. J.-C)

Au XVIe siècle, les explorateurs européens voyagèrent avec succès autour du globe pour la première fois de l’histoire. Cet exploit considérable annonçait le début de ce qui allait devenir un véritable monde connecté. Il marquait aussi le commencement de l’expansion impériale, coloniale et commerciale européenne, qui allait avoir des conséquences profondes sur tous les pays. Ce nouvel impérialisme permit un accroissement économique et commercial, mais il aboutit aussi à l’esclavage et à l’exploitation des ressources à une échelle jusque-là inimaginable.

Les sociétés durent s’adapter aux changements et aux nouvelles connexions qui marquèrent leur identité culturelle. Les rencontres entre des cultures qui étaient alors restées étrangères conduisirent à des échanges positifs aussi bien qu’à des conflits. Au Bénin (Nigeria), le commerce profita à la fois aux populations locales et aux marchands européens. Ce fut également une époque de changements et d’expansion religieux, menant soit à la tolérance et à l’intégration, soit à la division et au conflit. À Java, les anciennes traditions coexistèrent avec une nouvelle foi, tandis qu’en Europe les différences religieuses aboutirent à des décennies de guerre.

Le monde que nous fabriquons (1 800 apr. J.-C à nos jours)

La révolution industrielle qui débuta en Europe et aux États-Unis au XIXe siècle s’étendit à travers le monde au XXe siècle. Elle donna naissance au développement des usines et à la production en série. Cette révolution globale se poursuit aujourd’hui encore. Elle marqua aussi l’apogée de l’empire européen et de son contrôle colonial à travers le monde.

Les ruptures politiques et idéologiques se multiplièrent au XXe siècle, qui fut une période de conflits internationaux et de changements sociaux sans précédent. Tout autour du monde, des pays luttèrent contre les règles impérialistes, tandis que les combats qui commençaient en Europe menèrent aux deux plus grandes guerres que le monde n’ait jamais connues à ce jour.

Désormais, grâce à l’utilisation des plastiques et autres matériaux bon marché, nous produisons plus d’objets qu’auparavant. Nous sommes également de plus en plus conscients des effets que notre mode de vie « jetable » a sur l’environnement et les ressources mondiales. Ces angoisses sont parfois exprimées et abordées à travers ce que nous produisons. Nous continuons à nous entourer d’objets qui traduisent nos espoirs, nos préoccupations ainsi que notre ingéniosité ; ils nous survivront et témoigneront de notre monde pour les générations futures.

Plus d’informations

Lieu:   musée des Beaux-Arts de Valenciennes
de la Ville de Valenciennes

Date: exposition jusqu’au 22-07-2018

Site internet: valenciennesmusee.valenciennes.f