Eugène Lami, Peintre et décorateur de la famille d’Orléans

En écho à la restauration des Appartements Privés décorés par Eugène Lami, le Domaine de Chantilly organise, au sein de son cabinet d’arts graphiques adjacent, la première exposition jamais consacrée à cet artiste de talent.

Issu d’une famille d’obédience napoléonienne, Lami eut une carrière d’une exceptionnelle longévité. Il fit ses débuts en 1815 auprès d’Horace Vernet. Deux ans plus tard, il acquit avec Gros ses qualités de coloriste hors pair. C’est dans l’atelier de ce dernier qu’il se lia à Géricault et surtout à Bonington qui l’introduisit dans l’art de l’aquarelle où il excella sa vie durant.

Eugène Lami, Le mariage de Ferdinand duc d’Orléans (1810-1842) et
d’Hélène de Mecklembourg-Schwerin dans la chapelle du château de
Fontainebleau le 30 mai 1837. Chantilly, musée Condé, DE 529 © RMNGrand Palais -domaine de Chantilly – Thierry Ollivier

Commençant par produire quelques dessins, lithographies et aquarelles, il se lança comme peintre militaire au Salon en 1824. Deux ans plus tard, sans doute sur les conseils de Bonington, il partit en Angleterre, étudia Reynolds et Lawrence et réalisa nombre de croquis et d’aquarelles en grande partie conservés dans l’album du musée Condé. Revenu à Paris en 1827, il fut introduit auprès de la duchesse de Berry pour laquelle il créa l’album lithographique commémorant le bal de Marie Stuart.

Eugène Lami, Portrait de la duchesse d’Aumale et du prince de Condé,
collection particulière. © Studio Sébert-Photographes

Connu comme peintre militaire, il reçut des commandes du roi Louis-Philippe dès le début de la monarchie de Juillet et peignit des compositions militaires pour le musée du château de Versailles imaginé par le roi. Il fut nommé maître de dessin du duc de Nemours, ce qui lui permit de se lier de manière intime à la famille d’Orléans qu’il suivit un temps dans son exil anglais. Il devint en quelque sorte le peintre officiel des fêtes et des fastes du régime, délaissant la peinture militaire au profit de la représentation de la société élégante. « Peintre du dandysme officiel », selon Baudelaire, il sut décrire avec verve les loisirs aristocratiques et l’élégante modernité des princes d’Orléans.

Baba Ali, 2015, RMN-Grand Palais Domaine de Chantilly © Michel Urtado.

Eugène Lami fut également un décorateur de génie, précurseur des grandes figures de décorateurs que l’histoire a retenues. C’est aux Tuileries puis à Chantilly qu’il créa des décors d’un éclectisme précurseur, annonçant ceux du Second Empire. L’artiste était polyvalent, à la fois peintre, décorateur, architecte, chineur et ami des grandes familles de l’époque. Ainsi, après les Orléans, ce sont les Rothschild qui se l’attachèrent. A Ferrières ou à Boulogne, il imagina des projets baroques et grandioses, où les références historicistes étaient là encore légion. L’exposition sera l’occasion de les étudier.

Aquarelle représentant les funérailles de Louis-Philippe. Eugène Lami.

Grâce à de nombreux prêts français et internationaux, provenant de collections publiques et privées, l’exposition se proposera de découvrir plusieurs aspects de son œuvre, en lien avec Chantilly et les collections du musée Condé. L’album de Chantilly permettra de suivre une partie de la carrière et les processus de création de cet artiste virtuose. Des projets de décoration intérieure témoignant d’un certain goût Orléans feront écho aux appartements restaurés ; les portraits enlevés des membres de la famille royale accompagneront les scènes familiales où l’intime rejoint l’histoire. Les scènes de chasses, de courses ou de la vie militaire évoqueront enfin avec panache les activités des membres de la famille d’Orléans.

En savoir plus:

Eugène Lami, peintre et décorateur de la maison d’Orléans
jusqu’au 19 mai 2019

Site : http://www.domainedechantilly.com